La cravate : une métamorphose spectaculaire depuis les années 20
Accessoire de mode ancestral, la cravate naît au XVIIème siècle en Croatie. Alors arborée par les soldats croates, celle-ci deviendra un accessoire de mode emblématique de la coquetterie masculine. Fine, large, à motif, en tricot ou encore en cuir, la cravate n’a cessé d’évoluer depuis les années 20. Comment expliquer cette métamorphose ? Du symbole identitaire au moyen d’expression, découvrez la cravate dans tous ses états ! Dans les années 20, la cravate était un moyen de désigner une appartenance sociale et était le symbole le plus manifeste de la bourgeoisie. En Angleterre, les cravates à motifs permettaient de différencier les régiments les uns des autres.
Chaque brigade avait une couleur qui lui était affiliée et apparaissait sous forme de rayures. Réservées à une élite, les premières cravates club ou regimental étaient réservées aux étudiants des Universités ou aux organisations anglaises les plus prestigieuses.
Marquées par le mouvement Art Deco, les années 30 laissèrent place à plus de fantaisies. Apparurent ainsi les cravates à motif paisley ou cachemire, à pois ou encore à motif géométriques ! Pendant les années 40, la cravate ne faisait pas l’objet d’une transformation bouleversante. Accablé par la seconde guerre mondiale, le monde se souciait très peu de la mode et du design. Après la seconde guerre mondiale, les cravates reflétaient une volonté de rompre avec les codes d’avant-guerre mais aussi avec une période difficile. Ainsi, les hommes optèrent pour des cravates aux motifs plus audacieux et colorés. Les créateurs utilisèrent de nouvelles matières et formes comme le cuir, la laine et les bouts carrés. Toujours dans une optique de rupture, les cravates devinrent plus longues et beaucoup plus larges atteignant respectivement 130 et 13 cm. Place au bold look !
Inspirés par le Pop Art, les créateurs dessinaient des cravates de plus en plus exubérantes pendant les années 60. Alors que beaucoup prédisaient la mort de la cravate, considérée comme le symbole d’une bourgeoisie répugnante par les hippies et révolutionnaires, un anonyme proposa des cravates étroites en cuir et à bout carré. La mode de la cravate fut relancée !
Dans les années 80, les cravates larges devinrent à nouveau populaires. Les cravates mesuraient alors jusqu’à 9 cm. Au début des années 90, les petits animaux se retrouvèrent sur toutes les cravates des grandes maisons de couture comme Gucci ou Hermès. Si les clients furent réticents pendant un temps, ces motifs connurent ensuite un grand succès.
Les motifs humoristiques firent également leur apparition et ont pour ambition d’instaurer une certaine convivialité ou une conversation. On y retrouva des billets de banque, têtes de mort ou encore des sapins de Noël… Les américains les nommaient « cravates conversationnelles ». Les cravates fut indéniablement un nouveau moyen de s’exprimer. De nos jours, la cravate est disponible sous plusieurs largeurs, motifs et matières. Elle est ainsi l’accessoire idéal pour exprimer son propre style. Si la cravate standard varie entre 7 et 8 cm, les cravates slim font leur grand retour. Honoré de Balzac l’envisageait déjà de cette manière :
« La cravate n'est pas seulement un utile préservatif contre les rhumes, torticolis, fluxions, maux de dents et autres gentillesses du même genre ; elle est encore une partie essentielle et obligée du vêtement qui, dans ses formes variées, apprend à connaître celui qui la porte »



